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jeudi 30 avril 2015

Les petites reines



Auteur : Clémentine Beauvais
Edition : Sarbacane
Genre : Jeunesse
Sortie : 2015

Quatrième de couverture

Mireille Laplanche est élue Boudin d’Or de son lycée de Bourg-en-Bresse depuis trois ans. Cependant, cette année, elle est seulement Boudin de Bronze. Heureuse déception! Elle rencontre Hakima et Astrid, respectivement Boudin d’Argent et Boudin d’Or, et les trois jeunes filles s’aperçoivent qu’elles ont quelque chose en commun. Quelque chose qu’il faut aller chercher le 14 juillet, à la garden-party du palais de l’Elysée, à Paris…
Pour se simplifier la vie, autant y aller à vélo, en vendant du boudin, avec le grand frère vétéran de guerre d’Hakima, non?
Un road-trip déjanté et comique, 100% made in France, avec de la vraie cuisine du terroir et des colorants naturels.


Mon avis

Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour ce partenariat. Clémentine Beauvais est une auteur bien connue et appréciée des lecteurs des parutions des Editions Sarbacane. J’avais découvert sa plume dans Comme des images, puis dans La pouilleuse, deux lectures poignantes, qui mettent le doigt sur des sujets pas franchement rigolos et traités de manière pas drôle non plus. Avec son nouveau roman, Clémentine Beauvais pointe encore une fois un phénomène qui touche les adolescents (mais aussi les adultes), puisqu’elle nous parle ici d’apparence physique. Mais cette fois, elle aborde ce thème avec énormément d’humour et j’ai encore une fois adoré. 

Nous allons nous embarquer dans un road trip atypique, avec trois jeunes filles pas moins originales. Forcément, le coup de cœur va directement à Mireille, la narratrice, qui a un humour mordant, qui m’a beaucoup fait rire. J’ai également adoré la petite Hakima, qui est toute naïve et qui va suivre Mireille et Astrid comme si elles étaient ses mentors. Kader est un personnage qui amène une grande profondeur à ce roman. Notamment par tout ce qu’il a traversé.

J’ai adoré retrouver la plume de Clémentine Beauvais et encore une fois elle a su me toucher et m’embarquer avec elle. Même si elle traite à nouveau d’un sujet difficile qui touche énormément les jeunes, tout est mené avec humour et c’est vraiment très appréciable. Il y a également une jolie petite leçon de vie dans ce roman, ce que j’aime trouver dans mes lectures. Je recommande ce nouveau titre de l’auteur et ai déjà hâte de lire son prochain roman.


Excellente lecture


jeudi 10 juillet 2014

La pouilleuse

"[...] ce n'est pas parce que la tête de ton pote a explosé comme une pastèque contre un lampadaire en scooter que tu dois kidnapper une gamine, ça n'a rien à voir."
[Comme des images de Clémentine Beauvais]


Auteur : Clémentine Beauvais
Edition : Sarbacane
Genre : Jeunesse
Sortie : 2012
Publié en association avec Amnesty International


Quatrième de couverture

Élèves de seconde dans le 7e arrondissement de Paris, David, Élise, Anne-Laure, Florian et Gonzague décident, comme souvent, de sécher les cours. Mais cette fois, ils kidnappent une fillette, sur un coup de tête, à l'entrée de la piscine municipale. Dans le huis clos du studio chic de Gonzague, ils commencent à la malmener, d'abord verbalement, puis physiquement, franchissant une à une les limites. Toutes ?
Mon avis
Je tiens à remercier les Editions Sarbacane pour ce nouvel envoi. Après avoir lu Comme des images, j'avais très envie de découvrir un autre ouvrage de Clémentine Beauvais et j'avoue que celui-ci m'intriguait depuis un petit moment déjà. La quatrième de couverture annonce la couleur, on entre dans une histoire sombre et on n'en ressortira pas indemne.
 
David, Elise, Anne-Laure, Florian et Gonzague sont amis depuis longtemps. Un jour, en soi ordinaire, où ils décident de sécher les cours, ils vont croiser sur leur chemin une fillette, sur la tête de laquelle se balade un poux. Ils déraillent et décident de la kidnapper. Sont-ils prêts à dépasser les limites?

Dans ce roman il est bien difficile de s'attacher aux personnages (sauf à la petite fille), tant leur déviance fait mal et révolte. Au début je me suis dis qu'Elise serait peut-être le salue de la petite Elikya et finalement non. J'en ai même voulu aux voisins de Gonzague, qui restent totalement sourds aux bruits bizarres et aux pleurs d'enfant qui viennent de l'appartement du dessus. David, même s'il ne se rebelle pas contre les autres, est peut-être le seul à sa rendre compte de la situation. Il est capable d'exprimer des remords face à ce qui s'est passé, mais ce n'est pas pour autant que j'ai pu l'apprécier. En revanche, la petite Elikya m'a touché en plein coeur, par son courage. Elle m'a profondément ému.
 
Ce livre est un véritable roman coup de poing. On y parle de sujets vraiment durs, tel que le racisme, la discrimination et la folie. Clémentine Beauvais nous confrontre à ce qu'il y a de pire en l'humain. Elle nous montre comment, lorsque simplement notre journée n'a pas bien commencé et qu'une personne s'est trouvée au mauvais moment au mauvais endroit, tout peu déraper. Le phénomène de groupe prend tout son sens. Ils se liguent contre cette petite "pouilleuse", comme ils l'appellent. Même ceux qui ne sont pas d'accord n'osent rien dire. Tout le monde est coupable, alors, on se soutient ou on tombe tous ensemble. Et le lecteur là au milieu, ne peut ressortir de là qu'avec un grand sentiment de révolte et de honte. Le récit est rondement mené par la plume de l'auteur que j'ai tout autant aimé que dans ma précédente lecture.
 
Un roman à faire lire aux ados, mais pas avant l'âge préconisé (qui est à 14ans), car il pourrait heurter la sensibilité. Ce récit est bouleversant de vérité, on nous montre comment la folie des uns peut conduire à des situations totalement irréversibles. Une chose est sûre, je suivrais de près les actualités de Clémentine Beauvais.


Note : 9/10

lundi 23 juin 2014

Comme des images

"A ce moment-là, on ne voyait pas la vitre, juste le monde entier au-delà, par transparence."
[Comme des images de Clémentine Beauvais]


Auteur : Clémentine Beauvais 
Edition : Sarbacane
Genre : Jeunesse
Sortie : 2014


Quatrième de couverture

Il était une fois… des ados sages comme des images, dans un très prestigieux lycée. L'histoire commence le jour où Léopoldine a cassé avec Timothée pour Aurélien. Ou bien le jour où Tim a envoyé un mail avec des images de Léo à tout le monde. C'est ici, dans ce très prestigieux lycée, que tout va se jouer. Léo a une journée pour assumer ces images. Mais il faut vite régler cette histoire pour pouvoir penser à autre chose, aux maths et à la physique, à la première S. Parce qu'on ne plaisante pas avec ces choses-là, par ici. On savait que ça ne serait pas une partie de plaisir. Mais on ne pensait pas que cette journée allait se terminer comme ça, à regarder, en plein milieu de la cour, un corps ensanglanté tout cassé.
 
 
Mon avis
Avant tout, je tiens à remercier les Editions Sarbacane pour ce nouvel envoi. Ca m'a permis une bonne découverte, tout particulièrement celle de la plume de l'auteur, que j'ai envie de lire  dans d'autres histoires. Après avoir vu très souvent ce roman sur les blogs, je l'ai enfin lu et j'en ressors avec un avis positif.
 
Léopoldine et Iseult sont jumelles. Lorsque Léo quitte Tim pour Aurélien, le jeune homme décide de se venger d'une bien piètre façon. Il va dévoiler sur internet une vidéo osée de la jeune femme. Il faut alors se battre, pour montrer combien Léo assume cette vidéo et ne se laissera pas abattre. Mais tout ne va pas se dérouler si facilement et surtout pas, comme on l'attendait.

Dans ce roman on se retrouve face à des jumelles tout ce qu'il y a de plus opposées. Léopoldine est la jeune fille ouverte, populaire et qui va vers les gens. Comme toujours avec ce genre de personne, il y a ceux qui l'adorent et ceux qui la détèstent. Au contraire, Iseult vit dans l'ombre de sa soeur. Elle est en marge des autres et est très mal acceptée, parfois même moquée. J'ai pu voir beaucoup d'avis négatifs sur ces deux personnages. Pour ma part, je ne dirais pas que je les ai aimé, mais elles ne m'ont pas dérangé. Il fallait que les soeurs soient comme elles sont pour servir l'histoire. Quant à notre narratrice, dont on ignore le nom, même si j'ai trouvé son adoration pour Léopoldine un peu dérangeante voire limite glauque, j'ai apprécié ce personnage.
 
Dans ce roman on aborde le danger d'internet et de l'image qui peut y être véhiculée. Malheureusement, ces notions sont assez survolées pour pouvoir vivre une histoire plus complète, mais j'aurais aimé qu'on me bouscule un peu plus, que les autres élèves soient plus révoltés, qu'il fasse vraiment la misère à Léopoldine. On dévie très vite sur un autre problème, l'identité personnelle, puisque les gens ont tendance à confondre les deux soeurs. Cependant, je trouve que c'est tout de même un bon roman qui pose des bases pour de la prévention chez les jeunes. J'ai également beaucoup aimé la plume de Clémentine Beauvais, qui ne passe pas par quatre chemins.
 
Un roman à faire lire aux ados, qui peut également plaire (ou faire peur) aux plus grands. C'est un drame jeunesse rondement mené, par la très jolie plume de Clémentine Beauvais. Je lirai avec grand plaisir un autre livre de cette auteur.


Note : 7.5/10