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mardi 5 mai 2015

Les larmes de Tarzan

"Toi, tu es un problème que je n'ai pas demandé à avoir!"
[Les larmes de Tarzan de Katarina Mazetti]


Auteur : Katarina Mazetti
Edition : Actes sud/Babel
Genre : Contemporain
Sortie : 2009


Quatrième de couverture 

Elle, c'est Mariana, mais leur rencontre fut assez fracassante pour qu'il la surnomme Tarzan. Lui, il s'appelle Janne, pour de vrai. Mère célibataire, elle élève seule deux enfants, caresse le souvenir de leur fantasque père évaporé dans la nature et tente de nourrir sa petite famille malgré des fins de mois asphyxiantes. Lui, il roule en Lamborghini, papillonne sans s'engager avec de jeunes femmes forcément cadres, élégantes et dynamiques, et déteste que des marmots salissent les sièges en cuir de sa voiture de sport.
Ces deux-là peuvent-ils s'aimer ? Et si, malgré l'abîme qui les sépare, ils s'attachent l'un à l'autre, sauront-ils vivre une relation décomplexée qui fera fi des conventions et des barrières sociales ?
Après l'immense succès du Mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti met en scène un nouveau couple loufoque et improbable pour mieux brocarder les injustices sociales et rire de l'éternelle guerre des sexes dans un roman enlevé, drôle et caustique.

Mon avis


J’avais découvert la plume de Katarina Mazetti avec la lecture du livre Le mec de la tombe d’à côté et j’avais immédiatement accroché. Même si Le caveau de famille m’avait moins emballé, j’y avais tout de même retrouvé ce que j’avais tant apprécié dans le style de l’auteur. Et ici, avec Les larmes de Tarzan, j’ai pu replonger dans les mots si uniques de Katarina Mazetti, qui font toujours leur petit effet sur moi. Encore une fois, je suis comblée par ma lecture.

Mariana et Janne (oui, monsieur s'appelle bien Janne) n’ont rien pour être ensemble. D’ailleurs, leur rencontre tombe un peu par hasard (lorsque Mariana tombe, littéralement sur Janne). Mais très vite, on sent que quelque chose de profond et de douloureux va s’établir entre ces deux-là. Et j’ai aimé leur histoire d’amour impossible, la manière dont Janne s’attache aux enfants de Mariana. C’est un livre qui nous met le sourire aux lèvres et qui, trois secondes après, nous rend incroyablement triste.

Je ne suis plus à convaincre vis-à-vis de la plume de Katarina Mazetti. J’ai encore une fois passé un super bon moment en compagnie de ses personnages. Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de découvrir ses histoires, je ne peux que vous conseiller de vous y mettre, même si je sais que ses textes ne ravissent pas tout le monde, je ne peux que vous souhaitez qu’ils vous plaisent autant qu’à moi.

Bonne lecture

mardi 6 mai 2014

La couleur des sentiments

"Elle préfère rester ici avec la bonne plutôt que regarder sa maman qui s'occupe de tout, sauf de sa fille. Elle me fait penser à ces poussins qui perdent leur mère et suivent les canards."
[La couleur des sentiments de Kathryn Stockett]


Auteur : Kathryn Stockett 
Edition : Actes Sud
Genre : Contemporain
Sortie : 2013

Quatrième de couverture

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n
'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui ‘
la élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.




Mon avis

Ce livre est un incontournable. Lors de sa sortie, on a pu le voir à peu près partout. Puis, il y a eu une deuxième vague à la sortie de l'adaptation cinématographique. J'ai mis longtemps, avant de trouver le courage de me lancer dans cette brique, mais je ne le regrette en aucun cas. Ce livre est une pure merveille et c'est donc un très beau coup de coeur pour moi.

"J'ai envie de crier assez fort pour que Baby Girl m'entende, de crier que sale, c'est pas une couleur, que les maladies, c'est pas les Noirs. "

Aibileen est une bonne noire vivant à Jackson, Mississippi. Sa meilleure amie, Minny, n'a de cesse de se rebeller. Miss Skeeter, une jeune blanche, revient à Jackson après ses études, avec l'envie de devenir journaliste ou écrivain. On est dans les années 1960 et les lois raciales dictent toujours les comportements. Alors lorsqu'une éditrice demande à Skeeter d'écrire sur ce qui la dérange, elle se met en tête de parler du travaille des bonnes, ces femmes, qui vous élèvent comme leur propre enfant, mais que vous finirez, en grandissant, par traiter comme les autres. C'est avec l'aide d'Aibileen, puis de Minny, qu'elle va mener son projet à bien.

" Je plonge dans ses beaux yeux bruns et elle regarde dans les miens. Seigneur, ce regard on dirait qu'elle a déjà vécu cent ans. Et je vous jure que je vois, tout au fond, la femme qu'elle sera. "

Le gros point fort de ce livre, ce sont les personnages, ils ne nous laissent pas indifférent. J'ai tout de suite apprécié Aibileen. Cette femme est touchante. Elle n'a pas eu une vie facile, avec la mort de son fils qui la hante toujours et surtout, elle sait que chaque enfant qu'elle élève, dans ces familles blanches, qui l'adorent lorsqu'ils sont petits, finiront par rejoindre les pas de leurs parents. Il y a également Minny, la bonne rebelle, qui n'est pas capable de garder sa langue dans sa poche. J'ai aimé la suivre dans son travail chez Miss Célia. Et surtout, j'ai adoré Skeeter. C'est une jeune femme qui est prête à se battre pour ce qu'elle pense être juste ou non, au risque de se mettre ses amies à dos, voire même sa famille. S'il y a bien un personnage qu'on déteste du début à la fin, c'est Miss Hilly. Je ne trouve même pas les mots pour parler d'elle. Il y a tout un tas d'autres personnages qui ont leur importance, qu'on découvre tout au long du livre.


" Evidemment, nous devons payer le bus pour avoir Yule May là-bas pendant les week-ends. Huit dollars! Je devrais les retenir sur sa paie. "

Le thème abordé dans ce roman est un sujet vraiment touchant. Heureusement, l'auteur ne nous offre pas quelque chose de larmoyant. On y voit certes parfois de la haine, mais aussi beaucoup d'espoir et d'amour. Même Minny, qui essaie toujours de se détacher de ses patronnes, ne restera pas indifférente à la personnalité si spéciale de Celia Foote. C'est un livre qui ne laissera personne insensible. On a autant les larmes aux yeux, que le sourire aux lèvres. J'ai été totalement happée par ce roman, que j'ai savouré tout doucement, pour pouvoir encore mieux m'imprégner de ces tranches de vie. L'histoire est présentée sous trois points de vue différents, et l'auteur a une écriture tout à fait particulière, qui nous donne l'impression qu'il y a bien trois personnes qui ont prit la plume. C'est tout simplement superbe. Et au final, c'est un gros coup de coeur pour ce livre.

Si vous n'avez pas encore lu ce livre, n'hésitez pas une seconde, il en vaut vraiment la peine. Pour aller plus loin, j'ai regardé le film, mais j'en suis ressorti moins emballée qu'avec le livre. J'ai trouvé le film trop "incomplet" et un peu trop "tout beau, tout rose". Les personnages n'y sont pas assez développés et comme c'est, à mes yeux, le meilleur point du livre, j'ai trouvé cela dommage. Mais c'est une bonne alternative si, malgré tout, vous n'avez pas envie de lire le livre. En tout cas, je ne peux que vous recommander ce roman, qui je l'espère, saura vous transporter autant qu'il l'a fait avec moi.

Note : 10/10