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mardi 6 mai 2014

La couleur des sentiments

"Elle préfère rester ici avec la bonne plutôt que regarder sa maman qui s'occupe de tout, sauf de sa fille. Elle me fait penser à ces poussins qui perdent leur mère et suivent les canards."
[La couleur des sentiments de Kathryn Stockett]


Auteur : Kathryn Stockett 
Edition : Actes Sud
Genre : Contemporain
Sortie : 2013

Quatrième de couverture

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n
'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui ‘
la élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.




Mon avis

Ce livre est un incontournable. Lors de sa sortie, on a pu le voir à peu près partout. Puis, il y a eu une deuxième vague à la sortie de l'adaptation cinématographique. J'ai mis longtemps, avant de trouver le courage de me lancer dans cette brique, mais je ne le regrette en aucun cas. Ce livre est une pure merveille et c'est donc un très beau coup de coeur pour moi.

"J'ai envie de crier assez fort pour que Baby Girl m'entende, de crier que sale, c'est pas une couleur, que les maladies, c'est pas les Noirs. "

Aibileen est une bonne noire vivant à Jackson, Mississippi. Sa meilleure amie, Minny, n'a de cesse de se rebeller. Miss Skeeter, une jeune blanche, revient à Jackson après ses études, avec l'envie de devenir journaliste ou écrivain. On est dans les années 1960 et les lois raciales dictent toujours les comportements. Alors lorsqu'une éditrice demande à Skeeter d'écrire sur ce qui la dérange, elle se met en tête de parler du travaille des bonnes, ces femmes, qui vous élèvent comme leur propre enfant, mais que vous finirez, en grandissant, par traiter comme les autres. C'est avec l'aide d'Aibileen, puis de Minny, qu'elle va mener son projet à bien.

" Je plonge dans ses beaux yeux bruns et elle regarde dans les miens. Seigneur, ce regard on dirait qu'elle a déjà vécu cent ans. Et je vous jure que je vois, tout au fond, la femme qu'elle sera. "

Le gros point fort de ce livre, ce sont les personnages, ils ne nous laissent pas indifférent. J'ai tout de suite apprécié Aibileen. Cette femme est touchante. Elle n'a pas eu une vie facile, avec la mort de son fils qui la hante toujours et surtout, elle sait que chaque enfant qu'elle élève, dans ces familles blanches, qui l'adorent lorsqu'ils sont petits, finiront par rejoindre les pas de leurs parents. Il y a également Minny, la bonne rebelle, qui n'est pas capable de garder sa langue dans sa poche. J'ai aimé la suivre dans son travail chez Miss Célia. Et surtout, j'ai adoré Skeeter. C'est une jeune femme qui est prête à se battre pour ce qu'elle pense être juste ou non, au risque de se mettre ses amies à dos, voire même sa famille. S'il y a bien un personnage qu'on déteste du début à la fin, c'est Miss Hilly. Je ne trouve même pas les mots pour parler d'elle. Il y a tout un tas d'autres personnages qui ont leur importance, qu'on découvre tout au long du livre.


" Evidemment, nous devons payer le bus pour avoir Yule May là-bas pendant les week-ends. Huit dollars! Je devrais les retenir sur sa paie. "

Le thème abordé dans ce roman est un sujet vraiment touchant. Heureusement, l'auteur ne nous offre pas quelque chose de larmoyant. On y voit certes parfois de la haine, mais aussi beaucoup d'espoir et d'amour. Même Minny, qui essaie toujours de se détacher de ses patronnes, ne restera pas indifférente à la personnalité si spéciale de Celia Foote. C'est un livre qui ne laissera personne insensible. On a autant les larmes aux yeux, que le sourire aux lèvres. J'ai été totalement happée par ce roman, que j'ai savouré tout doucement, pour pouvoir encore mieux m'imprégner de ces tranches de vie. L'histoire est présentée sous trois points de vue différents, et l'auteur a une écriture tout à fait particulière, qui nous donne l'impression qu'il y a bien trois personnes qui ont prit la plume. C'est tout simplement superbe. Et au final, c'est un gros coup de coeur pour ce livre.

Si vous n'avez pas encore lu ce livre, n'hésitez pas une seconde, il en vaut vraiment la peine. Pour aller plus loin, j'ai regardé le film, mais j'en suis ressorti moins emballée qu'avec le livre. J'ai trouvé le film trop "incomplet" et un peu trop "tout beau, tout rose". Les personnages n'y sont pas assez développés et comme c'est, à mes yeux, le meilleur point du livre, j'ai trouvé cela dommage. Mais c'est une bonne alternative si, malgré tout, vous n'avez pas envie de lire le livre. En tout cas, je ne peux que vous recommander ce roman, qui je l'espère, saura vous transporter autant qu'il l'a fait avec moi.

Note : 10/10




mercredi 9 avril 2014

06h41

"Je cherchais à devenir une ombre, un souffleur de théâtre - quelqu'un dont on connait à peine le visage, mais qui vous devient indispensable."
[06h41 de Jean-Philippe Blondel]

Auteur : Jean-Philippe Blondel 
Edition : Pocket
Genre : Roman
Sortie : 2014
 
Quatrième de couverture



Le train de 06h41, départ Troyes, arrivée Paris. Bondé, comme tous les lundis matins. Cécile Duffaut, quarante-sept ans, revient d'un week-end épuisant chez ses parents. Elle a hâte de retrouver son mari, sa fille et sa situation de chef d'entreprise. La place à côté d'elle est libre. S'y assied, après une légère hésitation, Philippe Leduc. Cécile et lui ont été amants vingt-sept ans auparavant, pendant quelques mois. Cela s'est très mal passé. À leur insu, cette histoire avortée et désagréable a profondément modifié leurs chemins respectifs. Tandis que le train roule vers Paris et que le silence s'installe, les images remontent. Ils ont une heure et demie pour décider de ce qui les attend...

Mon avis
 

Il faut bien l'avouer, c'est la quatrième de couverture qui m'a poussé vers ce livre. Une histoire de retrouvailles entre deux anciens amants, c'est tout à fait un livre qui pourrait me plaire. Oui, sur le papier il avait tout pour lui, mais en vrai, ça ne l'a pas du tout fait. J'en ressors avec un avis très mitigé. Une lecture qui ne m'a pas touché et qui ne restera pas gravée.
Nous suivons altérnativement Cécile et Philippe, deux quarantenaires, qui fûrent amants lorsqu'ils avaient vingt ans. Un matin, ils se retrouvent assis l'un à côté de l'autre, dans le train de 06h41. Durant tout lle trajet ils vont réfléchir à leur histoire, à ce que cela a pu signifier, à ce que cela a pu avoir comme conséquences sur leurs vies. Aux personnes qu'ils étaient et à ce qu'ils sont devenus.
Dès que j'ai vu sur la quatrième de couverture que c'était une histoire sur des retrouvailles, après vingt-sept ans de silence, je me suis dis qu'on risquait de vivre un moment poignant. Et franchement, le soufflé est très vite retombé. Des retrouvailles, pas franchement. Durant la centaine de pages qui composent le livre, nos deux protagonistes ne vont pas se parler, donc pas d'échanges, pas de partages, les non-dits restent non dit. Je n'ai pas très bien compris à quoi tout cela rimait. J'aurais aimé que l'évènement de la fin se déroule tout au début, que ce soit l'entrée en matière de ce livre.
Alors, en ce qui concerne nos personnages, Cécile et Philippe, ils me sont restés assez neutre tout au long du livre. A la limite, j'ai presque trouvé Cécile antipathique et Philippe m'a, par moment, donné un sentiment de pitié. Je n'ai vraiment pas réussi à les apprécier, que ce soit à vingt ou à quarante ans.
Un livre qui annoncait quelque chose de très intéressant, mais dont je ressors avec un avis très mitigé. Pour le moment je n'ai pas envie de me pencher sur un autre ouvrage de l'auteur, malheureusement, car on m'en a dit beaucoup de bien.
 
Note : 6/10